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L’Incroyable Histoire de Raketa

| May 9, 2011 | Reply

Raketa Watches

Vous avez un peu d’argent de côté ? Du temps libre à consacrer à votre passion, l’horlogerie ? En ce cas, suivez-nous, nous allons vous montrer comment reconstruire une marque.

Nous avons rencontré Jacques von Polier. Avant tout, il est homme d’affaires, vivant en Russie depuis plus de 15 ans. Il connaît le marché, il connaît la culture locale, et il sait comment tirer parti d’une situation donnée. Celle sur laquelle nous nous arrêtons aujourd’hui est simple : la Russie n’a plus vraiment de marque emblématique, que ce soit dans le domaine de la mode, du luxe, ou même des montres. Mais le pays a un héritage culturel colossal dans chacun de ces domaines, et c’est dans le dernier que Jacques von Polier a décidé d’investir : les montres. C’est ici que (re)commence l’histoire incroyable de Raketa.

TWL :  Pourquoi avez-vous choisi la Russie ? Il y a beaucoup d’autres marques en recherche de capitaux, de nos jours, et la Russie n’est pas le lieu le plus évident pour développer une affaire…

JvP : Exact, mais je me concentre principalement sur le marché intérieur moderne. Je vis ici, et le pays a un vécu extraordinaire en histoire, en littérature, en industrie, etc. Mais le faut est qu’il n’y a plus de marque russe vivante, malgré cet héritage hors norme.

TWL : Pourquoi ?

Parce qu’au début des années 90 s’est ouverte une ére de capitalisme sauvage. La chute du mur de Berlin a été vécue comme un véritable traumatisme. Beaucoup de russes se sont mis à avoir honte de leur nationalité, de cet empire qui n’est plus qu’un simple pays, et dont le modèle économique avait en tout état de cause échoué. Toutes les manufactures avaient fermé. Mais il n’y avait pas beaucoup de pays dans le monde à pouvoir tenir la comparaison en termes d’horlogerie. Dans les années 70, la Russie était juste derrière la Suisse aussi bien pour la qualité que pour le volume de pièces.

TWL : Qu’est-ce qui vous a fait penser qu’une marque russe de montres pouvait renaître de ses cendres ?

Le fait que dans l’esprit des gens, la montre russe a toujours existé et existe toujours, même si presque toutes les manufactures ont fermé. Qui plus est, ce n’est pas un accessoire exotique : avant le quartz, la Russie produisait plus de 5 millions de pièces par an. Une grande partie d’entre elles est encore en de bonnes mains et en parfait état de marche !

TWL : Qu’est-ce qui vous a fait choisir Raketa ?

C’est une des rares manufactures à n’avoir jamais stoppé sa production. Elle est située à St Petersbourg et ne vivait que grâce aux commandes de l’Etat, comme beaucoup d’autres industries ici. Mais son capital était fortement divisé entre plusieurs actionnaires privés. Quoiqu’il en soit, aucun d’entre eux n’était vraiment intéressé par la partie montres, mais principalement par l’immobilier.

En effet, ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’une manufacture communiste de ce type n’était pas qu’une usine, mais s’alignait sur une perspective réellement sociale qui comptait à cet effet le bâtiment de production à proprement parler, mais aussi une école, un hôpital, des résidences, etc. Au final, Raketa en tant que manufacture n’était que la partie émergente d’un vaste trésor immobilier qui intéressait grandement les investisseurs. Ils se détachaient complètement de  la production de montres à proprement parler. Cela tombe bien : moi, c’est ce qui m’intéressait le plus.

TWL : Que représentait Raketa lorsque vous l’avez reprise ?

Une manufacture, 100 horlogers, 6000 plans, aucune R&D depuis 25 ans, un savoir-faire une marque, et une seul client, l’Etat. Et, naturellement, pas la moindre notion d’argent, de rentabilité, sans même parler de bénéfice.

TWL : Quelle a été votre première action en tant que repreneur ?

Creuser l’héritage. J’avais là un véritable trésor : ces 6.000 plans de montres, réalisés à l’ancienne, à l’encre et sur papier calque ! De quoi monter de zéro un musée entier !

TWL : C’était également suffisant pour créer de nouveaux modèles et penser à l’export ?

Oui, mais ce n’était pas mon objectif premier. En réalité, mon premier marché reste la Russie elle-même. Le potentiel est toujours colossal, et, contrairement aux décennies passées, il y a à présent une certaine nostalgie qui pousse les jeunes consommateurs à s’acheter une Raketa en tant que « montre de leur grand-père ». Qui plus est, elle reste un produit d’une extrême fiabilité. Les gens n’ont toujours pas les moyens d’investir dans une monte de poignet sophistiquée, et Raketa ne se positionne clairement pas comme une pièce de haute horlogerie. C’est une montre robuste qui vous suivra toute votre vie.

TWL : Quelles sont les perspectives économiques de Raketa ?

Eh bien, si nous avions voulu être rentables immédiatement, le plus simple aurait été de garder les boîtes, se débarrasser de tous les mouvements maison, et d’intégrer de l’ETA. Soyons honnêtes, considérant qu’une bonne partie du capital vient de mes fonds propres, j’ai sérieusement envisagé cette option. Mais, en tout état de cause, cela aurait tué l’esprit ainsi que la beauté de toute l’aventure. Nous avons finalement conservé tous les mouvements originaux. Le dernier exemplaire automatique avait été développé…en 1966 ! Nous avons donc dû combler un fossé de R&D de 40 ans en à peine…18 mois. Un vrai défi !

TWL : Il n’y avait pas de mouvements automatiques dans la collection ?

Si ! Mais un beau jour, le Parti a décidé que son peuple pouvait remonter lui-même sa montre. Et du jour au lendemain, il n’y a plus eu de mouvement automatique. C’est ainsi que les choses fonctionnaient à l’époque.

TWL : Quel est l’avenir de Raketa ?

Nous planifions une production de 20.000 pièces cette année. Nous y allons progressivement, mais jusqu’à présent, nous avons bénéficié d’un excellent accueil de la part des amateurs d’horlogerie. Nous avons des fan clubs qui se sont montés dans la plupart des pays européens où nous sommes présents, et même en Chine ou au Japon.

Nous capitalisons sur l’histoire de la marque : l’année dernière, nous avons organisé une grande rétrospective sur les illustres propriétaires de Raketa, comme Brejnev ou Castro. Et nous avons pour cela été sponsorisé par…la Reine d’Angleterre. Les temps changent !

Olivier Müller – @O_Muller

 

Mais où va donc TAG Heuer ?

| May 1, 2011 | Reply

Guy Semon
Guy Semon, Directeur R&D – © TAG Heuer

TAG Heuer aime les paradoxes. La marque continue son ascension vers la haute horlogerie, mais, en même temps, renforce son entrée de gamme sur le quartz. Ils investissent beaucoup en R&D, mais le consommateur final grand public n’en voit pas (encore) le bénéfice. Ils ont la volonté de simplifier l’horlogerie, mais mettent de côté dans leurs travaux les principales avancées et les principaux acquis des dernières décennies.

Il y a cinq ans TAG Heuer a décidé de révolutionner l’horlogerie et de reconstruire ses trois grands piliers : transmission, énergie, et régulation. Où en sont-ils ?

Jusqu’au boutistes ?

TAG Heuer a dévoilé ces dernières années trois pièces majeures, le Pendulum, la V4 et le Mikrograph.

TAG Heuer Pendulum
© TAG Heuer

La première volait particulièrement haut en termes de maîtrise mécanique. Peut-être trop haut, d’ailleurs : la plupart des acteurs de l’industrie horlogère n’ont pas suivi la voie ouverte par TAG Heuer, et même la marque elle-même n’a pas présenté d’autres modèles reprenant le fameux ‘balancier magnétique’.

La deuxième pièce, la Monaco V4, emprunta un chemin plus abordable, en consolidant dans un même boîtier trois grands principes déjà (re)connus. Tout d’abord, la transmission par courroies, en lieu et place des pinions. Ensuite, une masse ‘oscillante’ linéaire pour alimenter le mouvement automatique. Enfin, un ensemble de roulements à billes pour remplacer la plupart des rubies. De la haute performance, mais rien de fondamentalement nouveau.

TAG Heuer Monaco V4
© TAG Heuer

La troisième et dernière pièce est clairement plus compréhensible : le Mikrograph est capable de mesurer le temps au 1/100ème de seconde, ce que faisait déjà le Zenith El Primero A386 en 1969. Pour autant, le mouvement utilise deux balanciers, avec des échappements et une transmission séparés.

TAG Heuer Mikrograph
© TAG Heuer

En tout état de cause, il apparaît, au travers de l’évolution de ces trois pièces, que TAG Heuer ralentit sa stratosphérique R&D pour revenir à des terrains plus familiers du consommateur final.

Comme l’indique d’ailleurs Guy Sémon, Directeur de la division R&D (40 personnes), « la valeur ajoutée visible est pour nous une priorité dans chaque nouveau modèle ». Traduction : de l’innovation, oui, mais que le client puisse voir. Ce faisant, il apparaît clairement que le Pendulum était plus probablement de la pure concept watch réalisée pour l’élite des passionnés d’horlogerie. La V4 apparaissait déjà comme plus accessible, tandis que le Mikrograph, avec sa seconde fulgurante, parle très directement à presque tout le monde.

Et ensuite ?

TAG Heuer mérite amplement son patronyme : Technique d’Avant Garde. Peu de manufactures peuvent entrer en compétition sur ce volet innovation, ainsi que sur sa capacité à résoudre les grands défis horlogers. TAG Heuer ne suit pas une route pré établie, il créé la sienne.

Toutefois, la marque n’est pas réellement lisible, en termes de stratégie. Alors que sa créativité semble sans limite, personne ne peut réellement dire où sera TAG Heuer dans quelques mois ou quelques années. Posons-nous la question : pour vous, est-ce que TAG Heuer est synonyme de Monaco ou Carrera, montres grand public de volume toutes deux créées avant 1970, ou de V4 et Mikrograph, pièces de haute horlogerie conçues pour les élites ultra nanties ?

Ndlr : alors que nous bouclons cet article, TAG Heuer dévoile son Mikrotimer Flying 1000, qui révolutionne la manière de concevoir et de produire des pièces d’horlogerie, sans qu’aucune autre marque ne puisse rivaliser sur ce terrain avant un temps certain. Avec ce que cela apporte à la marque comme positionnement d’ultra-modernité.

Olivier Müller – @O_Muller

Complications : les tendances de demain

| April 26, 2011 | 1 Reply

Watchmaking Claret Complication
© Christophe Claret

Le monde des complications ne connait pas de limite. Mais les horlogers ont-ils pour autant le loisir de créer tout ce qui leur vient à l’esprit ? Naturellement non, et pour une raison principale : l’opinion du consommateur est forgée par ce que les marketeurs appellent des ‘tendances’. Et le fait est que la tendance de 2010 fut celle d’un retour à des pièces simples, discrètes, lisibles, ce qui n’est pas vraiment le terrain de jeu favori des inventeurs géniaux mais un peu hors normes. Comment les deux vont-ils se (ré)concilier ?

De quoi parlons-nous ?

Avant d’aborder le sujet de l’avenir des complications, Stéphane Belmont, Directeur du Développement Produits chez Jaeger-LeCoultre, introduit une distinction intéressante : “Il y a deux types de complications. Le premier type est inhérent à l’art horloger en tant que tel, ce sont ces complications traditionnelles que nous allons continuer à interpréter à notre propre manière.

Le second type est plus inhérent à notre mode de vie, puisque les complications sont conçues pour répondre aux attentes du rythme de vie sans cesse changeant de l’homme moderne. Par exemple, notre Master Geographic avec des fuseaux horaires multiples prenant en compte les heures d’été vient du fait que l’on voyage de plus en plus souvent. Il y a quelques décennies, cette complication n’aurait pas pu voir le jour dans la mesure où les gens n’avaient pas la possibilité de traverser des fuseaux horaires avec la même rapidité que nous aujourd’hui“.

Stephane Belmont JLC
Stéphane Belmont, Jaeger-LeCoultre © Jaeger-LeCoultre

Complications cachées
En essayant de garder les montres aussi élégantes et sobres que possible, mais, en même temps, de repousser sans cesse les limites du possible, les designers et horlogers ont eu tendance à dissimuler leurs complications sous le cadran.

Les premières pièces de Thomas Prescher ont marqué une rupture, avec dans le même boitier de véritables pièces d’art de complications, dans un design très simple et épuré.

Thomas Prescher Double Axe Tourbillon
Thomas Prescher Tourbillon Double Axe – © Thomas Prescher

Bernard Richards, CEO et fondateur de BRM, confirme cette tendance : “Nous étions allés trop loin dans le style compliqué. Il était devenu de plus en plus difficile de lire l’heure, alors que c’est quand même la fonction première d’une montre !

Lionel Ladoire, CEO de Ladoire, abonde dans le même sens : « Les complications visibles ont fait leur temps. En ce qui me concerne, il est temps de revenir à la table à dessin et de se pencher sur le moteur de la montre. C’est ce qui, au final, fait la différence. La phase de lune, au même titre que toute autre complication de ce type visible sur le cadran, ne sont que la partie émergée des complications embarquées dans la moteur sous-jacent ».

Lionel Ladoire Portrait
Lionel Ladoire et sa montre Mr Green de la collection Black Widow – © Ladoire

Squelette, mon amour

Pour autant, seulement quelques amateurs très avertis peuvent apprécier comme il se doit une Laurent Ferrier Tourbillon Double Galet…dont ces éléments sont complètement invisibles. C’est davantage un plaisir de l’esprit que des yeux. C’est dans cette perspective que les montres squelettées sont apparues, pour concilier le besoin d’avoir un moteur à complication, mais que son propriétaire puisse admirer d’un seul coup d’œil. C’est sur ce modèle économique à part entière que reposent des créations comme celles de Richard Mille. Un grand nombre d’horlogers ont fait de même, à l’instar de Greubel Forsey avec son Double Tourbillon Technique.

Compliqué, mais utile

Quoi qu’il en soit, notre client toujours insatisfait aimerait aussi avoir des complications utiles, et pas simplement qu’il puisse admirer. Certes, nous avons déjà les chronomètres, les phases de lune, de marée, de soleil, les GMT, les quantièmes perpétuels, les flybacks, les Grandes Sonneries, les dates, les grandes dates, les Stop secondes, etc. Quoi d’autre ?

Certains voient la mesure au centième comme le prochain stade des chronomètres. Même si un mouvement comme le El Primero A386 de Zenith le fait depuis 1969, il n’en reste pas moins que très peu de marques le maîtrisent. TAG Heuer a dernièrement positionné son Mikrograph sur ce segment.

A l’opposé, Hublot a récemment exhumé un concept de montre de 1850, suivant lequel son propriétaire peut, à sa guise, accélérer ou ralentir la marche du temps affiché. Cette pièce, « La Clef du Temps », pourvue d’un tourbillon, sera dévoilée à BaselWorld 2011. En voici un premier aperçu exclusif :

Hublot Exclusive Cles du Temps
La Clef du Temps, par Hublot © Hublot

Stéphane Belmont, Directeur du Développement chez Jaeger-LeCoultre, se projette encore plus loin : “Nous ne savons pas quel sera notre mode de vie à l’avenir, mais nous avons la certitude que nous verrons apparaître de nouvelles complications qui vont les accompagner. Par exemple, nous pouvons imaginer qu’à l’avenir nous nous déplacerons de plus en plus fréquemment dans l’espace, et dans ce cas, ne serait-il pas intéressant d’avoir une complication qui puisse calculer le temps dans l’espace et la différence entre le temps à domicile et le temps dans l’espace ou sur d’autres planètes ? ».

” La technique seule ne sera pas suffisante pour séduire le client”

Chez Montblanc, Alexander Schmiedt , Directeur Category Management Montres, souligne deux défis différents pour les complications : « En premier lieu, elles doivent se confronter à un véritable challenge technique, idéalement qui n’a jamais été vu auparavant. L’horlogerie a toujours été une quête d’innovation. Beaucoup de choses ont déjà été faites sur le tourbillon, et même si j’estime qu’il y a encore de la place pour l’innovation, il reste des domaines à explorer comme le chronographe ou les “striking watches“.

En second lieu, l’esthétique ! La complication de l’avenir devra avoir un design fort et excitant qui soit en phase avec l’innovation technologique qu’il présente. La plus brillante amélioration technique ne recevra pas l’attention qu’elle mérite si sa présentation n’est pas à la hauteur. La technique seule ne sera pas suffisante pour séduire le client ».

Technique et esthétique, l’avenir des complications ?

De nombreux horlogers estiment que l’association “technique + esthétique” est la combinaison gagnante pour les complications de demain.

Par conséquent, quand Alexander Schmiedt indique qu’il reste « de la place pour l’innovation » en ce qui concerne le tourbillon, Christophe Claret semble déjà en occuper une large partie : «Nous avons créé, réalisé et mis au point un échappement à détente traditionnel avec spiral cylindrique d’une très grand esthétique. Nous avons surtout travaillé afin que celui-ci résiste aux chocs, ce qui a été relativement complexe. Mais nous avons abouti avec succès à ce résultat. Ce mécanisme est une évolution intéressante et très esthétique au tourbillon conventionnel» . A nouveau, pour le père de la Dual Tow, le couple « technique + esthétique » semble être la clé du succès pour les complications de futur.

Claret Watchmaking
Christophe Claret (gauche) © Christophe Claret

En conclusion

C’est un exercice assez délicat que de se figurer les complications d’avenir, mais, pour autant, nous pouvons supposer qu’elles se devront d’être aussi belles que techniques. Et abordables, comme conclut ainsi Christophe Claret : « Alors qu’hier il était relativement aisé de vendre des montres à un prix de 300’000 à 1’000’000 Fr prix public, à ce jour, cela est devenu extrêmement difficile, la demande se portant plus sur des produits se situant entre 80’000 et 300’000 Fr prix public. Cela nous influence bien entendu à travailler sur des mouvements, voire des modules, innovants, mais d’un coût limité permettant d’arriver à ce prix public. Cette tendance risque de durer 2 ou 3 ans encore ».

Snowgolf Cup 2011 : Vacheron glacé

| March 1, 2011 | Reply

Crédits Photos : © Vacheron Constantin

Concentration, précision du mouvement, tradition, élégance, ainsi, quoi qu’on en dise, qu’une certaine forme d’élitisme : le golf et la haute horlogerie partagent de toute évidence un ADN commun. De Rolex à TAG Heuer, les plus grandes marques s’aventurent régulièrement sur les greens. Vacheron Constantin ne manque pas à l’appel, mais au travers d’une formule pour le moins atypique : la Snowgolf Cup.

9 trous dans la neige

Au départ,  il y a la volonté manifeste de plaire à ses clients. L’image d’Epinal de la station de la jet set, Megève, offre un écrin rêvé pour les accueillir, qu’ils viennent des Etats-Unis comme de Russie. Toutefois, lorsque la station est à l’apogée de son charme, son 9-trous est généralement enseveli sous 1m de neige. « Raison de plus ! », s’en amuse aujourd’hui Jean-Yves di Martino, Directeur Général Vacheron Constantin France, qui vient de boucler sa 11ème édition. « C’est un moyen unique, atypique, et en même temps conservateur de nos valeurs fondamentales, que d’avoir monté cette compétition de golf sur neige ».

De l’art de driver par -5°

Autre particularité de l’épreuve : son strict respect des règles traditionnelles. « La seule adaptation que nous nous sommes autorisés est l’agrandissement du trou, car en approche on ne peut pas bénéficier du moelleux offert habituellement par le gazon ». Quid du hors jeu ? Une balle plongée dans les fourrées reste jouable. Ensevelie sous un mètre de neige, c’est une autre histoire… « Certes, mais le hors-jeu fut maintenu. Certains  endroits n’étaient pas dégagés du tout. Toute première balle qui s’y perdait engageait donc le joueur à un retour au tee doublé d’un coup de pénalité », souligne M. di Martino.

Ludique, élitiste, unique, le Scramble à deux de la Snowgolf Cup a de quoi séduire, et certains de ses 70 invités triés sur le volet ont déjà réservé leur départ en 2012. Toutefois, Vacheron Constantin ne prévoit pas d’agrandir la formule, pour préserver son caractère convivial et haut de gamme. Aussi, si l’aventure vous tente, vous savez ce qu’il vous reste à faire : affuter vos fers, fréquenter les boutiques de la marque, et…vous munir de balles orange !

Sous pression

| February 23, 2011 | Reply

Influence horlogerie 2.0

Avant d’aborder le sujet qui nous occupe, Olivier, laisse moi te dire que, parfois , c’est difficile pour moi de lire tout ce que je lis sur le blogs et forums à propos de mon travail”.

C’est ainsi que Monsieur X, nous l’appellerons de la sorte, un horloger de très haut vol, a commencé une récente interview que nous avons faite ensemble, une des ces nombreuses discussions qui émaillent nos semaines. Il n’est pas besoin de préciser combien nous en avons été décontenancé. L’horloger n’a plus rien à prouver, et l’homme est solide. Du moins, nous le pensions.

Le pouvoir du 2.0

Le fait est que la plupart des marques cherchent à connaître l’impact de leur communication sur le consommateur. C’est la raison d’être du Community Manager, inventé pour cela. Mais posons le problème dans l’autre sens : est-ce que vous, qui lisez ces lignes, vous êtes déjà demandé quel impact vos discussions et chats pouvaient avoir sur les horlogers qui pourraient venir à les lire ?

Seulement quelques semaines après que j’aie présenté ma dernière création, qui m’a demandé 3 ans de travail, j’avais déjà des questions sur la pièce suivante“, poursuit Monsieur X, amer. “Ceux qui parlent le plus fort sont ceux qui connaissent le moins notre travail”. Peut-on en conclure que Monsieur X ressent une forme d’injustice ? Oui.

Toutefois, d’un côté, quiconque présente au grand public une pièce s’ouvre nécessairement au feu de la critique, y compris de gens non éduqués. D’un autre côté, ces chefs d’œuvre artisanaux demandent, à notre humble avis, des commentaires décents, de la mesure, de la modération, et, ajouterions-nous, une certaine forme d’élégance.

En conclusion

La frustration ressentie par Monsieur X n’était peut-être pas légitime, mais elle était compréhensible. Les réseaux sociaux ont créé la communication P2P, de PeerToPeer, de pair à pair. Certains devraient à cet égard garder à l’esprit qu’un pair, au-delà d’une définition informatique, est « quelqu’un d’égal à soi-même ». En fin de compte, quelqu’un capable de lire et de comprendre ce que l’on écrit. Et d’en être profondément touché.