Un homme, une entreprise : Christophe Claret

Olivier Muller is half Swiss, half French, and has been raised in the world of haute horlogerie & luxury watches right from the cradle. He now works in Public Relations in Paris. To read more articles by Tom please click here.

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Christophe Claret

TWL : Joyeux anniversaire, M. Claret !

CC : Merci ! 20 ans d’existence, que nous avons fêté avec la Dual Tow. Mais nous n’en sommes pas arrivés ici en un seul jour. Après les 10 premières années où nous étions une petite entreprise, nous avons passé les cinq années suivantes, de 2000 à 2005, à construire la marque et a constituer nos réserves financières. Ensuite, de 2005 jusqu’à présent, ce fut l’ère du développement, avec notamment de gros investissements dans notre outil de production. Nous étions 35 en 2005. Nous sommes à présent 105.

TWL :Comment se porte la manufacture, aujourd’hui ?

CC : Bien ! Nous avons 18 clients permanents pour lesquels nous produisons des mouvements tout au long de l’année. Nous en avons perdu quelques un durant la crise, mais je suis assez confiant sur le fait que de nouveaux clients se présenteront assez rapidement.

Pour nos clients actuels, nous tavaillons simultanément sur 40 mouvements différents. Dans le même temps, nous créons 5 nouveaux mouvements par an – notre record fut une fois de créer 8 nouveaux mouvements dans la même année ! Actuellement notre production est de 400 unités par an, pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 20 millions CHF en 2009.

TWL :Combien de mouvements ont vu le jour chez vous jusqu’à présent ?

CC : Environ 64.

TWL : Comment sont-ils nés ?

CC : Nous avons un département Design / R&D qui comporte une dizaine de personnes (lorsque la moyenne du secteur pour une entreprise de cette taille est de 3 à 4 personnes, NDLR). Je suis d’abord horloger avant d’être manager, je suis donc très impliqué dans tout le processus de création.

Jusqu’en 2009, nous produisions des mouvements sur commande de nos clients. Mais depuis cette année, nous créons nos propres mouvements, sans commande particulière. Nous les présentons ensuite à nos clients, qui les découvrent alors une fois au stade de la finition. Nous avons actuellement 5 mouvements en cours d’élaboration, 2 à 3 seront présentés à nos clients, le reste réservé à notre propre production.

Jean Dunand Shabaka
Jean Dunand Shabaka by Christophe Claret © Christope Claret SA

TWL : C’est un pari sur l’avenir. Avez-vous la garantie que vos clients achèteront ces nouveaux mouvements sans en avoir vu les plans auparavant ?

CC : Non, aucune garantie. Mais cela fait plus de 20 ans que je fais ce métier, et je travaille simultanément pour plus de 18 clients de la marque Christophe Claret ; j’ai donc une idée assez précise de la direction dans laquelle évolue le marché…!

TWL : A propos du marché, comment analysez-vous la crise, ou la sortie de crise ?

CC : Nous n’en sommes pas encore sortis, mais nous sommes sur la bonne voie. Pour la traverser, certaines entreprises se sont repliées sur leurs modèles phares. D’autres ont réduit leur production. En ce qui me concerne, j’ai mis l’accent sur l’outil de production. Ce sera un élément déterminant lorsque nous serons sortis de crise. Par un jeu d’ajustement du marché, des fournisseurs vont probablement disparaître, et lorsqu’il va falloir de nouveau fournir des mouvements aux clients, seules les entreprises capables de répondre très rapidement pourront tirer leur épingle du jeu – en somme, celles qui ont déjà l’outil de production intégré chez elles.

De surcroît, disposer de notre propre appareil de production nous garantit notre indépendance.

TWL : Vous êtes très impliqué dans la gestion de l’appareil de production.

CC : Totalement. C’est déterminant pour l’entreprise. Nous avons passé des mois, des années à mettre au point nos propres machines, notamment pour la découpe de matériaux comme l’or ou le titane. C’est un long travail de co-développement avec des entreprises comme BC Technologies ou Biwi.

Christophe Claret
© Christope Claret SA

TWL : Au final, les machines sont donc brevetées Christophe Claret ?

CC : Non, ou seulement sur les quelques innovations clés développées spécifiquement pour nos propres besoins. Mais ce n’est pas dans l’intérêt du marché de breveter l’innovation.

TWL : Mais avec cette ouverture à vos concurrents, vous leur permettez d’acquérir les machines qui les placeront au même niveau d’exécution que vous, non ?

CC : Vous savez, quand nos concurrents les achètent, c’est déjà une bonne chose pour l’entreprise qui les fabrique, et donc pour le marché en général. C’est notre manière de voir les choses.

De plus, vous savez, quand ils achètent ces machines que nous avons co-développées, cela signifie qu’elles sont déjà en production chez nous depuis des mois ou des années ! Je sais que des entreprises comme Rolex, Patek Philippe, ou Greubel Forsey en ont acheté. Rolex en a acquis 30, Greubel Forsey, une. C’est une chose d’acquérir du matériel de si haute précision, c’en est une autre que de savoir le faire fonctionner !

TWL : Votre objectif est-il de parvenir à 100% de maitrise d’ouvrage dans la réalisation du produit ?

CC : Non, 80-85% est un ratio satisfaisant. Il faut laisser les fournisseurs stratégiques vivre. C’est important pour le marché qu’ils perdurent. Ce n’est pas dans notre propre intérêt d’être totalement intégrés. C’est une question d’éthique que de continuer à commander sur le long terme à des fournisseurs fidèles et compétents.

Christophe Claret
© Christope Claret SA

TWL : Votre entreprise croît très rapidement. Certains observateurs estiment que les universités peuvent former environ 50 horlogers de haut vol par an, alors que le marché en requiert environ 10 fois plus. Comment résolvez-vous cette équation ?

CC : Nous avons établis des passerelles avec les universités du monde entier. Nous sommes très actifs sur ce sujet. Nous envoyons nos propres experts à travers le monde, pour nous présenter, pour recruter des stagiaires. Parfois, ils reviennent même avec un ou deux employés en plus !

TWL : L’indépendance est primordiale, pour vous ?

CC : Oui. Nous réalisons 80% de notre production chez nous. Je suis le seul actionnaire de Christophe Claret SA. Je ne me repose sur aucune banque, je n’ai le soutien d’aucun fonds. Je gère l’entreprise sur ses fonds propres uniquement. L’entreprise traverse la crise avec ses propres réserves.

TWL : Qui sont de quel ordre…?

CC : Nous avons environ deux ans d’autonomie devant nous. Mais j’espère que nous n’aurons pas à les utiliser !

TWL : Quelle est votre analyse à ce sujet ?

CC : J’ai beaucoup appris de la crise de 1998. En ce qui concerne la crise actuelle, j’entrevois une embellie d’ici deux ans. A l’horizon 2015, nous devrions avoir retrouvé le niveau du marché de 2006-2007.

TWL : Ne pensez-vous pas que l’émergence de l’Asie puisse bousculer ces prévisions ?

CC : Il y a deux Asie pour nous. La première est l’Asie cliente. Les millionnaires chinois sont de plus en plus nombreux, c’est un fait – et même si pour nous, petite entreprise, c’est un marché difficile à pénétrer.

La seconde, c’est l’Asie concurrente. Oui, la Chine a présenté récemment ses premiers tourbillons, mais je ne suis pas vraiment inquiet (sourire entendu…). Le tourbillon est leur première complication, et la plus haut-de-gamme. Chez Christophe Claret, c’est la base commune de tous nos modèles…

Indépendamment de cela, n’oublions pas que les Etats-Unis, une fois sortis de la crise, seront de retour sur le marché du luxe, avec le potentiel que cela peut représenter. Et à la fois Christophe Claret SA et la Dual Tow sont déjà présents sur place.

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Interview With Jérôme Pineau; Community Manager, Marvin Watches

Olivier Muller is half Swiss, half French, and has been raised in the world of haute horlogerie & luxury watches right from the cradle. He now works in Public Relations in Paris. To read more articles by Tom please click here.

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Jerome Pineau

Some of you may already be familiar with Jérôme Pineau, the internet savvy Community Manager for Marvin Watches who has been single-handedly building the brand’s presence on-line. We have been quietly observing this exceptional upward trend since the beginning of the year and so we decided to approach Jérôme to find out more.

We had already discovered with great pleasure that he was a faithful reader of The Watch Lounge, always happy to share his views and engage with other readers. So to find out more we also followed his personal Twitter account, as well as the Marvin account and discovered pretty quickly just why he has been so successful.

Not only is Jérôme (and by extension Marvin) extremely accessible, his activity on-line is also exceptionally relevant and geared towards creating meaningful relationships with customers and enthusiasts alike, not just reeling off corporate spiel about the brand like so many others do. He’s also exceedingly kind and always willing to go the extra mile for Marvin customers, building invaluable goodwill for the brand.

So, without further ado we give you Marvin Watch’s community manager, Jérôme Pineau!

Please note this interview is also available in French here.

BIO:
Name : Pineau, Jérôme.

Age : 45.

Employer: Marvin Watches.

Distinguishing characteristic: The only, or almost, the only Community Manager in the watch-making world.

Main activity: To create, develop and manage the reputation of the brand over the web, in relation to all its stakeholders – journalists, bloggers, clients, prospects, etc.

Limitations: None!

Marvin Malton M160
The highly desirable Malton M160 by Marvin

TWL: So, Jérôme tell us, how did you become a Community Manager?

JP: By pure chance! I spent the better part of my career in the US, mainly in the software industry as a sales engineer and an evangelist. I was always very up to date about new technologies, and especially about the web. One day, Sandrine Szabo, the head of Marvin’s communication agency, NetInfluence, contacted me on LinkedIn. One thing lead to another, and before I knew it I was offered a job to join Marvin.

TWL: So I guess that you were already a big watch-making fan, right?

JP: Not at all, I didn’t know anything about the industry! And I think that’s what attracted Marvin on my CV. They have a great expertise in watch-making, but communication (especially online) is not their business. I had the opposite position. So, we joined forces, and now we can have an objective outlook on each others work.

TWL: What is it like to work for Marvin?

JP: The company’s state of mind is all about being open-minded and daring and as such I have been given free reign. While here, in Switzerland, all the decisions are the result of a long thoughtful process designed to eliminate all potential risks, in the country where I come from, the United States, we tend to try new things, new approaches, new tactics, with sometimes completely new and unexpected results.

Sometimes it works. Sometimes it doesn’t. Then we work backwards, we publicly acknowledge our mistakes, and then try something else. There is not a good way, and a bad way. The whole challenge was to transpose one country’s methods into the context of the other one.

TWL: And so, what are the results?

JP: Well, I’ve already noticed that some well-known brands are watching us closely! Almost as though we were some kind of lab experiment in fact. Although it’s still early days some of the results can already be seen: the average time spent on the site by visitors has multiplied by 4, on more than 300.000 pages viewed ; Facebook fans have multiplied by a factor of 100 in just two weeks (currently sitting at an impressive 937 at the time of publication), and we have more than 500 followers on Twitter. All these figures grow on a daily basis, but I’ve only been here since January.

Malton 160 Cushion
If you prefer something a little sportier than try the Malton 160 Cushion by Marvin

TWL: These are very promising results indeed! Why then don’t other brands follow the trend?

JP: It’s not my job to judge the strategy of my colleagues, but I have noticed that many decisions are made according to the brand’s positioning, and not according to market expectations.

At Marvin, our first priority is to listen to the market. We listen carefully to what our customers want – that’s why we have created all these communities and opened channels for direct conversation with them. How can you learn what are your customer’s wishes if they have no way to express them?

This is why we have opened so many channels of communication: Facebook, Twitter, Flickr, a blog, on-line chat, etc. We listen to our clients and try to answer them in the fastest and most satisfying way.

TWL: Could you give us an example?

JP: Take the e-shop case. Many brands, as a matter of principle, don’t open an e-shop. But in our case, our customers requested it. Consequently, we are going to open one.

TWL: A great challenge!

JP: Yes! We’ll have to have a close look at the supply chain, provisioning, and above all, the customer service. Some brands focus above all on the brand reputation. At Marvin, our obsession is customer service!

Marvin Watches
Some cheeky advertising from the brand dedicated to doing things differently!

TWL: Still, all these initiatives are, after all, mainly virtual. Surely there will be a time when you’ll have to actually meet your audience…

JP: Yes, and the web is a great meeting tool! Recently, we had a negative comment posted on our blog from a client who had troubles with his watches and was disappointed by the follow-up he was offered. First of all, I left the comment on the blog and answered it within the minute, because in my opinion we have to be completely transparent with our clients. Mistakes happen, of course, this is part of the daily job of any brand. What’s important is not to hide them, but how you correct them.

In this case, I offered to send this client a new watch immediately. He refused: he wanted to come down to our office and get it personally! We had a very pleasant moment together.

TWL: Are you concerned that with such strong, open communication you might eventually lose control of what is said about your brand on-line?

JP: Not at all! The content, once published, is no longer ours any more, it belongs to the community of people who follow us! In my opinion, this desire to control everything is a mistake. Let’s be honest: it’s the Holy Grail when someone starts talking about your brand publicly without you asking them too!

TWL: The Final Word?

JP: There’s still a lot to do, this is only the beginning. Marvin is a wonderful brand. It has the story, the legitimacy, 160 years of watch-making, high quality, and a true market vision. My job, as the community manager, is to let the whole world know about it!

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Entretien avec Jerome Pineau; Community Manager, Marvin Watches

Olivier Muller is half Swiss, half French, and has been raised in the world of haute horlogerie & luxury watches right from the cradle. He now works in Public Relations in Paris. To read more articles by Tom please click here.

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Jerome Pineau

Nom : Pineau. Prénom : Jérôme. Age : 45 ans. Employeur : Marvin Watches. Signe particulier : seul, ou presque, Community Manager de la planète horlogère. Principale activité : créer, développer et animer la présence sur le web de la marque, auprès de toutes ses parties prenantes – journalistes, bloggers, clients, prospects, etc. Limite : aucune !

Nous avons approché Jérôme après le développement considérable de Marvin Watches sur le web depuis le début de l’année. Intrigués, nous avons suivi ses commentaires ; nous avons constaté avec plaisir qu’il était un lecteur régulier de The Watch Lounge ; nous le suivons sur son Twitter, sur celui de Marvin. Et nous avons toujours constaté son extrême disponibilité, sa gentillesse, et la pertinence avérée de toutes ses démarches digitales.

TWL : Alors Jérôme, comment devient-on Community Manager ?

JP : Par pur hasard ! J’ai fait la majeure partie de ma carrière aux Etats-Unis, dans le domaine du logiciel, principalement en tant que commercial. J’étais donc très à la pointe des nouvelles technologies et du web en particulier. Un jour, Sandrine Szabo, qui dirige l’agence de communication de Marvin, NetInfluence, m’a contacté sur LinkedIn, et de fil en aiguille je me suis vu proposer un poste chez Marvin.

TWL : Un vrai conte de fée ! Vous étiez aussi très amateur d’horlogerie, j’imagine ?

JP : Absolument pas, je n’y connaissais rien ! C’est d’ailleurs ce qui a plu au management de Marvin. Ce sont des experts horlogers, mais dont le métier n’est pas la communication. Moi, l’inverse. Nous avons unis nos forces et portons ainsi un regard objectif sur notre travail respectif.

Marvin Malton M160

TWL : Comment se passe la collaboration avec Marvin ?

JP : La culture de l’entreprise est à l’ouverture et à l’audace. J’ai carte blanche. Alors qu’ici, en Suisse, toutes les décisions sont mûrement pesées, réfléchies, pour éviter le maximum de risques, je viens d’un pays, les Etats-Unis, où l’on n’hésite pas à tenter des approches radicalement nouvelles et inattendues. Parfois cela fonctionne. Parfois non. On fait marche arrière, on reconnaît publiquement son erreur, et on essaie autre chose. Il n’y a pas une bonne approche, et une mauvaise. Mais tout le pari était de transposer les méthodes de l’une dans le contexte de l’autre.

TWL : Et alors, quels sont les résultats ?

JP : Eh bien déjà, je sais que certaines grandes marques nous regardent de près ! Un peu comme un laboratoire, en somme. Mais les chiffres sont là : le temps de visite sur le site a été multiplié par 4 sur un total de 300.000 pages vues, les amis sur Facebook par 100 en 2 mois, et nous avons plus de 500 followers sur Twitter. Et tous ces chiffres croissent au quotidien, je ne suis arrivé qu’il y a 4 mois.

TWL : Ces résultats sont très encourageants. Pourquoi les autres marques ne suivent-elles pas le mouvement ?

JP : Il ne m’appartient pas de juger les stratégies de mes confrères, mais j’ai pu constater que certaines décisions étaient prises par rapport au positionnement de la marque, et non du marché. Nous, nous écoutons d’abord le marché. Nous écoutons ce que veulent nos clients, c’est pour cela que nous avons une approche très communautaire et très directe avec eux. Comment voulez-vous savoir ce que veulent vos clients s’ils n’ont aucun moyen de le dire ? C’est pour cela que nous avons ouverts de canaux de conversation : Facebook, Twitter, Flickr, un blog, un chat, etc. Nous écoutons nos clients et nous essayons de leur répondre de la manière la plus satisfaisante et rapide.

TWL : Un exemple ?

JP : Prenez le cas du e-shop. Beaucoup de marques n’y vont pas par principe. Mais nous, nos clients nous le demandent. Nous allons donc en ouvrir un.

Malton 160 Cushion

TWL : Beau défi !

JP : Oui ! Il va falloir se pencher sur la logistique, l’approvisionnement, et surtout, le service client. Certains mettent la priorité sur l’image de marque, par exemple. Nous, notre obsession, c’est le service client !

TWL : Mais tout cela n’est-il pas que virtuel ? Il y a bien un moment où il faut rencontrer son public…

JP : Oui, et le web est un formidable outil de rencontre ! Nous avons eu dernièrement sur le blog un commentaire d’un client déçu par le 2suivi par notre marque d’un problème avec sa Marvin. Déjà, j’ai laissé le commentaire, et j’y au répondu en temps réel, car j’estime qu’il faut jouer la transparence totale avec nos clients. Des erreurs arrivent, naturellement, et à toutes les marques. Ce qui compte n’est pas de les cacher, mais de voir comment on les corrige. En l’occurrence, j’ai proposé à ce client de lui envoyer immédiatement un nouveau modèle de remplacement. Il a refusé : il voulait venir le chercher lui-même ! Nous avons passé un très bon moment ensemble.

TWL : Vous n’avez pas peur, à force de communiquer à tout va, de perdre le contrôle sur ce qui se dit de vous ?

JP : Mais les contenus, à partir du moment où nous les publions, ne sont plus les nôtres, mais ceux de la communauté qui nous suit ! C’est une erreur que de vouloir tout contrôler. Soyons clairs : le Saint-Graal, c’est lorsqu’une personne prend la parole en public pour parler de Marvin, alors qu’on ne lui a rien demandé !

TWL : Le mot de la fin ?

JP : Il y a encore beaucoup de choses à faire, nous n’en sommes qu’au début. Marvin est une très belle marque. Elle a l’histoire, la légitimité, 160 ans de vie horlogère, une grande qualité, et une véritable vision du marché. Mon travail, en tant que Community Manager, et de faire en sorte que cela se sache !

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Exclusive: Max Büsser of MB&F Talks Us Through The All New HM3 Frog!

Tom is the founder and editor of The Watch Lounge. Together with his team he is dedicated to bringing you the best, original content you won't find anywhere else on the net. To read more articles by Tom please click here.

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MB&F HM No.3 Frog
HM3 Black Frog (black Titanium) – limited edition of 12 pieces ©MB&F

You may recall that a few weeks ago we published a photo of the first and only hint presented by MB&F in relation to their latest creation, known simply as the Frog. Now we are proud to be able to bring you the official photos of this breathtaking new piece, unveiled only a short while ago!

Modeled on the HM No.3 the hour and minute gears as well as date system within the 304 part engine have been entirely modified. The trademark sapphire domes have been perfectly machined on both sides (no mean feat!) so as not deform the numbers and even more amazingly the aluminium domes within weigh just a meager 0.58g which was achieved by machining them down to a thickness of 0.28mm. Only 32 of these special movements will be crafted this year: a limited edition of 12 pieces in black titanium (with green gold rotor) and 20 pieces of a non-limited titanium version (with blue gold rotor).

Although we could go on about this amazing new piece all day we thought you would probably prefer to hear it straight from the man himself, Mr Maximilian Büsser. So we asked him.

Here’s what he had to say.

TWL: What made you choose a Frog as the inspiration for this latest piece? Why not a Tiger or a Cobra, or some other member of the Animal Kingdom?

MB: The creative process did not in fact start with a frog. Like most of our creations, I imagined the piece in my mind first as a “concept piece”, in this case based on the HM3 movement. The idea was, and I know this will seem more than a little surprising, to create a “whacky” version of the HM3. Many will think “isn’t the HM3 crazy enough?”. In my mind, the HM3 is in fact a very elegant piece, and I wanted to push it into another territory.

It is only when we finished the design with Eric (Giroud) that when I looked at it, it was clear that it looked like a frog’s head coming out of water with its two big eyes. Now over a year later, when I look at it, it makes me think of the Martian heads in “Mars Attacks”!

MB&F HM No.3 Frog
HM3 Frog (Titanium) ©MB&F

TWL: How many different design concepts did you come up with in conjunction with the ‘Friends’ before you settled on the final one we see today? How did you decide?

MB: This was pretty straight forward. The HM3 existed. I wanted a rotating dome version, and we nailed the design very quickly – but to get the proportions of the aluminium and sapphire domes right we did many prototypes…

TWL: Does the final piece look anything like what you first envisioned in your mind when you set out to create this unique model?

MB: That is it. As it was in my head.

TWL: What is your favorite aspect of this new piece and why?

MB: It makes me smile each time I look at it. The Frog has a very mischievous attitude to it.  Also it is super light thanks to the intensive use of aluminium. You practically do not feel it on your wrist.

TWL: What do you think MB&F enthusiasts will like most about this newest addition?

MB: I honestly don’t know. As we create foremost for ourselves, our public’s reaction is always a mystery and a surprise!

MB&F HM No.3 Frog
The HM3 Frog Engine – 304 components ©MB&F

TWL: Are there any little intricacies you can point out for us that may not be immediately apparent just from looking at the still photographs?

MB: Well, first of all, more than 30% of the movement is different from the original HM3! The Hours run in 12 hours instead of 24, the minutes in 60 minutes instead of 120 minutes, which therefore required us to change all those gear trains. Also the changing of the date which was direct (as the hours turned previously in 24hours on the HM3) is now much more complicated to achieve.  All this for only 32 movements this year… (13 Black and 20 Titanium)

The aluminium domes needed to be as light as possible, which meant we had to machine them down to 0,28mm thick and therefore to 0,58 grams a piece! And the sapphire domes were a headache. How do you machine a perfectly concentric dome from a block of sapphire, especially as there is no way to hold that block in the machine when you are cutting it…?

TWL: Are there any plans to release any further special editions prior to the introduction of the highly anticipated HM No.4 in July 2010?

MB: The HM4 will theoretically be unveiled on July 8th (with deliveries anticipated for last quarter of the year), so in the two months from now to beginning of July, we have not planned a new launch!

TWL: As always, thank you for your time Maximilian.

MB: As always a pleasure. Thanks Tom!

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Exclusivité : Max Büsser de MB&F nous parle de la dernière HM3 « Frog » !

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MB&F HM No.3 Frog
HM3 Black Frog (Titanium noir) – édition limitée à 12 pièces ©MB&F

Vous vous souviendrez peut-être que nous avons publié il y a quelques semaines la toute première et unique photo de la dernière création MB&F, tout simplement appelée la « Grenouille ». Aujourd’hui nous sommes fiers de pouvoir vous montrer les photos officielles de cette pièce hors du commun, dévoilée très récemment.

Reposant sur la base de la Hm No.3, les moteurs des heures, des minutes, comme celui de la date ont été entièrement modifiés au sein de cette machine de 304 composants. Les dômes de saphir, brevetés, ont été parfaitement usinés des deux côtés (un défi!) de manière à ne pas déformer les chiffres ; de plus, ces incroyables dômes d’aluminium ne pèsent que 58g grâce à un travail sur le verre qui a permis d’en réduire l’épaisseur à 0,28 mm. Seulement 32 pièces de ce mouvement spécial seront produites cette année : une édition limitée de 12 pièces en titanium noir avec rotor en or vert, et 20 pièces d’une série limitée en titanium avec rotor en or bleu.

Bien que nous aurions pu vous parler une journée entière de cette pièce extraordinaire, nous avons pensé que vous préfèreriez  entendre son histoire de la bouche de l’homme en personne, M. Maximilan Büsser !

TWL: Pourquoi avoir choisi la Grenouille comme inspiration pour cette création ? Vous auriez pu choisir tout autre créature du règne animal, comme le cobra ou le tigre…

MB: En réalité, le processus créatif n’a pas débuté avec l’idée d’une grenouille. Comme pour toutes nos créations, j’ai d’abord imaginé la pièce dans mon esprit, en tant que concept, en l’occurrence sur la base du mouvement de la HM3. L’idée était, aussi curieux que cela puisse paraître, de créer une version encore plus extravagante de la HM3. Beaucoup se demanderont à ce stade en quoi l’on pouvait faire encore plus atypique que la HM3 ! Mais dans mon esprit, c’était davantage une pièce d’élégance, que je voulais faire évoluer vers d’autres territoires.

Ce n’est que lorsque nous avions fini le design avec Eric (Giroud) que je l’ai regardée, et qu’il m’est clairement apparu qu’elle ressemblait à une grenouille dont la tête sortait de l’eau, avec ses deux gros yeux. Bon, aujourd’hui, plus d’un an plus tard, elle me fait davantage penser aux têtes de martiens dans « Mars attack » !


HM3 Frog (Titanium) ©MB&F

TWL: Combien de concepts avez-vous développé avec vos Amis avant d’en arriver au produit fini que nous voyons aujourd’hui ?

Ca a été assez rapide. La HM3 existait déjà. Je voulais une version avec dôme rotatif, et nous avons fixé le design assez rapidement ; toutefois, pour obtenir les bonnes proportions entre l’aluminium et les dômes de saphir, de nombreux prototypes furent nécessaires…

TWL: La pièce finale ressemble-t-elle à celle que vous aviez imaginée ?

MB: Oui. Telle que je l’avais pensée.

TWL: Qu’est-ce qui vous plaît le plus, dans celle pièce ?

MB: Elle me fait sourire à chaque fois que je la vois. La Frog a vraiment quelque chose de malicieux. En plus, elle est vraiment très légère, grâce à l’emploi important de l’aluminium. On ne la sent pratiquement pas sur son poignet.

TWL: A votre avis, qu’est-ce qui va le plus plaire aux aficionados de la marque ?

MB: Très honnêtement, je ne sais pas. Comme nous créons à peu de choses près pour notre propre plaisir, les réactions de notre public sont toujours source de mystère et de surprise !


Le moteur de la HM3 Frog – 304 composants ©MB&F

TWL: Y’a-t-il des éléments sur lesquels vous pourriez attirer notre attention et qui ne seraient pas visibles au premier coup d’œil ?

MB: Eh bien, en premier lieu, plus de 30% du mouvement sont différents de son modèle d’origine, la HM3 ! Les heures tournent en 12 heures au lieu de 24 et les minutes en 60 au lieu de 120, ce qui nous a demandé de changer tous les barillets des moteurs. Il y a aussi le changement de date, qui était direct (puisque précédemment les heures tournaient en 24h sur la HM3), et qui maintenant est beaucoup plus compliqué à mettre en œuvre. Et tout ceci seulement pour 32 pièces produites cette année, 13 noires et 20 en titane.

Les dômes d’aluminium devaient être aussi légers que possible, ce qui nous a conduit à réduire leur épaisseur à 0,28 mm, et par conséquent leur poids à 0,58 g par unité. Leur réalisation en verre saphir fut vraiment problématique. Comment voulez-vous usiner un dôme parfaitement concentrique issu d’un bloc de verre saphir sans avoir la possibilité de le maintenir dans une machine pendant que vous le taillez… ?

TWL: Avez-vous planifié la sortie de nouvelles séries limitées d’ici la sortie très attendue de la HM No.4 en juillet 2010 ?

MB: La HM4 est théoriquement le 8 juillet, ce qui nous amène à des premières livraisons au quatrième trimestre de l’année ; par conséquent, dans les deux mois qui nous séparent de début juillet, non, nous n’avons pas planifié de nouvelles sorties !

TWL: Une nouvelle fois, un grand merci pour votre temps, Maximilian.

MB: C’est toujours un plaisir. Merci Tom !

Traduit de l’anglais par Olivier Müller – © The Watch Lounge

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