Des shères aux stylos : une brève histoire de montres

| November 1, 2010 | Reply

Watch Labs

La plupart des principes horlogers que nous connaissons aujourd’hui sont issus de la recherche des grandes manufactures. Mais, comme dans chaque métier, il est arrivé que certains développements sans aucun lien apparent avec l’horlogerie finissent par intégrer nos garde-temps.

Quels sont-ils ? The Watch Lounge a recensé quelques inventions qui ont marqué, directement ou indirectement, l’histoire de l’horlogerie…sans jamais en avoir eu la vocation !

Des sphères aux stylos

En 1594, Erasmus Habermel réalise une sphère armillaire afin de montrer le mouvement des étoiles autour de la Terre et du Soleil. Cet instrument, en trois dimensions, est l’une des représentations les plus abouties qui mènera, quelques siècles plus tard, à la modélisation en deux dimensions de notre ciel sur des pièces comme la Jaeger-LeCoultre Master Grande Tradition Grande Complication.

D’une manière générale, par le passé, la réalisation de complications se modélisait par des pièces à échelle agrandie, afin de vérifier la viabilité d’un concept avant de le miniaturiser au sein d’une montre. Pour cela, quel meilleur moyen que des automates à taille humaine ? Trois pièces furent ainsi réalisées par Jaquet-Droz en 1774 : la musicienne, le dessinateur et l’écrivain. Ils sont tous les trois parfaitement opérationnels, plus de 235 ans après leur conception ! Ils constituent les premières manifestations de la programmation mécanique à la base de la plupart des calibres actuels.

Il en va de même pour les sonneries. Des pièces comme la Sonnerie Souveraine de F.P. Journe ou la Bi-Répétition Minutes deLaCour (sur mouvement Christophe Claret) trouvent leurs origines au 14ème siècle, en Flandres, auprès d’un sonneur de cloche qui n’avait certainement pas imaginé que son invention allait devenir l’une des complications horlogères les plus abouties six siècles plus tard ! Reuge est l’un des pionniers de cet art, avec des premières réalisations datées de 1865. La société continue à produire des pièces (horlogères ou non), et son savoir-faire inégalé pourrait encore nous réserver d’autres surprises.

François-Paul Journe, justement, s’est récemment dédié aux instruments d’écriture. Ses premiers stylos viennent de voir le jour. Leur développement est en grande partie commun avec la réalisation des montres : le corps des stylos est développé par l’atelier qui réalise les boîtiers des montres, de même que le système exclusif d’ouverture. Tout le processus étant ainsi internalisé, qui sait si François-Paul Journe ne fera pas un jour de passerelle entre la montre et le stylo ?

FP Journe stylo
© F.P. Journe

Et demain ?

C’est aujourd’hui que se posent les fondements technologiques des montres de demain.

Naturellement, les Manufactures sont porteuses de nombreux projets qui aboutiront, peut-être, un jour, à de nouveaux principes horlogers.

Ainsi, Jaeger-LeCoultre continue d’investir dans ses Atmos. Son principe, découvert en 1928 par Jean-Léon Reutter, est toujours exploité en l’état : une capsule hermétique contenant un mélange de gaz se contracte et se dilate en fonction des variations de températures. Ce mouvement est associé à un ressort qui fournit ainsi l’énergie à la pendule. Ce mécanisme consomme 250 fois moins d’énergie qu’une montre bracelet classique !

Selon nos informations, c’est essentiellement en raison d’un problème de miniaturisation de la capsule de gaz que le mécanisme n’a pas été transposé à la montre-bracelet. Mais combien de temps encore avant que cet obstacle ne soit contourné ?

Atmos Jaeger LeCoultre
© Jaeger-LeCoultre

Jacquet-Droz, pour sa part, continue ses développements dans les automates. Sa Machine à Ecrire le Temps figure à sa manière l’impossible capture du temps. Il aura fallu plus de 1200 composants assemblées pendant près de 10 ans pour sa réalisation. Transposer cette invention dans le domaine de la montre n’est pour le moment pas à l’ordre du jour, mais peut-être qu’un jour…

Jaquet Droz Machine à écrire le temps
© Jaquet Droz

Et….après-demain ?

Il est fréquent de parler du cœur d’un mouvement, de sa “vie”. Certains chercheurs ont poussé l’analogie jusqu’au bout et développé une montre…biologique. Ce projet utilise trois caractéristiques fondamentales du développement embryonnaire des organismes vivants: l’organisation multicellulaire, la différenciation cellulaire et la division cellulaire. Il les associe aux capacités d’autoréparation (cicatrisation) et d’autoréplication des cellules pour créer un organisme à 8 cellules reconfigurable dynamiquement.

Il n’existe pas à notre connaissance de photos ni de véritable production de cet objet. Nous sommes dans le domaine de la recherche fondamentale pure. Laquelle, bien souvent, débouche un jour sur des applications quotidiennes… .

En conclusion

Volontiers conservatrice, la Haute horlogerie a ceci de paradoxal qu’elle s’autorise pourtant à lorgner dans tous les domaines pour trouver de nouveaux axes de développement. Ecritures, astronomie, de nombreuses sciences ont déjà trouvé une résonnance horlogère.

La biologie et la physique semblent avoir ses faveurs, de nos jours. Avant de s’intéresser aux nano-technologies, par exemple ? The Watch Lounge vous donne rendez-vous dans un siècle pour le savoir !

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Category: French

About the Author ()

Olivier Muller is half Swiss, half French, and has been raised in the world of haute horlogerie & luxury watches right from the cradle. He now works in Public Relations in Paris.

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