Maximilian Büsser nous en dit plus sur la nouvelle HM No.2 SV!!

| February 1, 2010 | What Do You Think? (1)

MB&F HM No2 SV
The HM No.2 SV © Ian Skellern

TWL: Avant tout, Maximilan, permettez-nous nous de vous redire toutes nos félicitations pour cette dernière pièce qui est absolument stupéfiante ! Dîtes-nous, qu’est-ce qui vous a motivé à relever le défi d’un mouvement si complexe, à partir d’une base réputée si difficile à travailler ? N’avez-vous jamais eu une petite voix pour vous dire “mais qu’est-ce que je suis en train de faire , je suis fou ?”  ?

MB: Merci Tom! Depuis le premier jour où j’ai décidé de créer le HM2, j’ai senti que ce serait vraiment dommage de ne pas montrer le moteur du mécanisme 349, qui n’est pas seulement en trois dimensions, mais également dessiné en même temps que le boîtier et bien sûr superbement fini à la main par l’équipe de Jacques Rochart dans la vallée de Joux. Nous avions commencé à travailler sur un boîtier ajouré sur la Only Watch Sage Vaughn version – qui représentait déjà un beau défi; c’est alors que Serge Kriknoff, mon associé, et moi, nous sommes dit : “et pourquoi ne pas aller un cran plus loin ?”. Et c’est ici qu’a débuté le vrai défi, voire la véritable épreuve !

TWL: Combien de temps cela vous a pris pour trouver le professionnel qui n’aie pas peur de s’atteler à la réalisation de cette tâche exceptionnelle qu’est le boîtier transparent en verre saphir ?

MB: Nous avons pris contact avec près d’une dizaine de fabricants, en Suisse comme ailleurs, et trois seulement ont relevé le défi. Deux d’entre eux n’ont pu présenter de prototype viable après une période de six mois, et c’est finalement Martin Stettler, propriétaire de Stettler, à Lyss (Suisse), qui est parvenu à livrer cette pièce magnifique il y a seulement trois mois…

MB&F HM No2 SV
© Ian Skellern

TWL: Y-t-il un moment où vous vos êtes dit que cette pièce ne serait tout simplement pas réalisable ? Comment avez-vous surmonté ces revers ?

MB: Je me souviens en septembre 2009 avoir regardé Serge en lui demandant “Bon, on fait quoi maintenant, qu’est-ce qu’on peut faire ?”. Il a juste levé les sourcils et répondu “attends…”, et soupiré.  L’attente était en effet assez déconcertante.

TWL: Qu’est ce qui vous fut le plus difficile et le plus stimulant à créer ?

MB: Il faut à peu près 55 heures pour réaliser un des trois verres saphir, de l’usinage, le perçage, jusqu’à l’assemblage et le traitement anti-reflets. Et trois de nos quatre prototypes se sont brisés avant de voir le jour… . Ce qui prend le plus de temps est de rendre incurvé un si gros bloc de saphir. Le plus délicat est de percer les 8 trous destinés à accueillir les points de fixation. Etant d’une épaisseur de seulement 3,6 mm, le perçage au diamant prend un temps considérable; et comme ces trous sont très près du bord, 50% des pièces se brisaient durant l’opération. Le moment le plus appréciable est bien entendu lorsque l’on reçoit un verre fini et que l’on assemble le premier prototype. C’est comme la naissance d’un enfant après un travail long et douloureux.

TWL: Est-ce que le résultat final correspond bien à l’image que vous vous en étiez fait ?

MB: Oui, c’est assez ressemblant avec ce que j’avais en tête. Le joint de résistance bleu marine fut pensé alors que nous avions fini le montage avec un joint Plexiglas. Avec un joint noir, la pièce dans son ensemble aurait été de gris et de noir – ce qui n’aurait pas conduit l’oeil à se focaliser sur un point précis, comme si l’on mélangeait de savoureux ingrédients tous ensemble. Nous avons donc opté pour ce bleu électrique qui intervient un peu comme une trame supportant le travail d’art à proprement parler.

MB&F HM No2 SV
© Ian Skellern

TWL: Que voyez-vous lorsque vous regardez la création une fois finie ? Qu’aimeriez-vous que les autres voient et comment la décririez-vous ?

MB: Cela me fait penser à la vue aérienne d’une ville, prise depuis un hublot. On ne peut pas tout voir, mais on peut distinguer la trois-dimensions, certains endroits de la ville ainsi que des détails significatifs qui en ressortent.

TWL: Y’a-t-il des spécificités sur lesquelles vous aimeriez attirer le regard de certains amateurs pourtant avertis ?

MB: Je leur demanderai simplement de regarder la pièce de loin, puis de près, et pour finir de se demander combien d’opérations différentes il aura fallu pour produire le bloc de saphir qui protège le mouvement.  

TWL: Rétrospectivement, y’a-t-il des choses que vous auriez-fait différemment ?

MB: Non, parce que le résultat final est conforme à ce que j’avais en tête, et ceci même si nous avons passé des nuits blanches à nous demander si Stettler allait réussir, ce qui est maintenant une réalité et permettra des premières livraisons au mois de mai.

TWL: Au final, qu’est-ce que vous rend le plus fier dans cette nouvelle vision de la HM2 ?

MB: Qu’elle existe…

Traduction française Olivier Muller© The Watch Lounge

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Category: Interviews

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  1. [...] We hope you enjoy it! Please note that if you prefer, the interview is also available in French. [...]

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